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Vie quotidienne sur une île tropicale.

Jour de congé

Voilà maintenant une bonne semaine que je suis rentré. Les choses sont allées passablement vite, parce qu’en quelques jours on s’est établi avec Madame dans ma maison, qui est devenu du coup « notre » maison. J’avais presque oublié après 18 ans de vie commune comme une fille peut se transformer en fée du logis : la maison est maintenant pleine de rangements, tablards, penderies, bocaux, bougies, coussins et je sens que les bibelots ne vont pas tarder… Enfin, on va fonctionner sur le modèle néanderthalien : Monsieur va ramener les steaks de diplodocus et Madame va s’occuper de la gestion de la caverne, selon l’ordre naturel des choses (ai-je des lectrices féministes ?)…

Pour le reste, j’ai recommencer à travailler et à donner des cours de plongée. Mais on sent qu’il s’agit du soubressaut final avant la morte saison, les prochains mois vont être plutôt calme. Tant pis pour le porte-monnaie, mais cela offre l’avantage de m’accorder plus de temps. D’ailleurs on en a bien profité aujourd’hui pour faire ce que je n’ai encore jamais fait en plus de 6 mois cumulés de séjour ici : du balnéaire :

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La plage de Salad Beach est très agréable. Et on va même aller s’offrir un verre de vrai vin au resort de luxe en guise d’apéro !

Tu n’as pas honte ?

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Si.

Et maintenant j’ai en plus mal au bide…

Sous l’eau

« Sous l’eau »… C’est une expression que j’utilisais souvent dans mon boulot à la RTS, surtout à la fin. Cela traduisait la pénible situation du sous-effectif, la quantité de choses à faire, et très souvent le temps perdu en tergiversations inutiles qui faisaient que le travail effectif n’avançait pas et que je n’avais pas une minute à moi.

En tant qu’instructeur de plongée, cette expression a maintenant pris un autre sens, beaucoup plus premier degré mais avec tout de même des implications assez similaires. En effet, quand je suis sous l’eau en train de plonger, je ne peux pas faire autre chose; ni répondre au téléphone, ni m’occuper de la paperasse pour mes élèves, ni de la facturation, ni des 12’000 trucs qu’il y a toujours à faire dans un centre de plongée. Donc on y pense en cours de plongée, et souvent quand je suis sous l’eau je pense à mon planning pour quand je serai « au sec ».

Mais il n’empêche que lorsque l’on me demande « Peux-tu faire ça cet après-midi ? » j’ai beaucoup de plaisir à répondre « Non, désolé, mais je suis sous l’eau ! » Le sens n’est désormais plus le même même si les implications restent identiques !

Bloody sunday

Il y avait un jour ou deux que j’avais un peu mal à la tête (sans boire la veille !), mais pas plus que cela. J’avais bien une oreille qui me tirait un tout petit peu, mais je n’y ai pas vraiment prêté attention. En fait, quand on fait un boulot qui nous plait, on passe beaucoup moins de temps à s’écouter respirer et s’inquiéter du moindre petit bobo, même moi qui avait pourtant une forte propension à être un peu hypochondriaque sur les bords. Et hier, je pars comme à l’accoutumée pour mes plongés du matin : j’ai une petite plongeuse de 10 ans qui fait un baptême.

Sur le bateau, il y a tout de même pas mal de monde et je me rends compte que je vais devoir installer une ligne moi-même. Je cale ma gamine avec ma collègue et je descend avec ma corde.
Enfin j’essaie, car à 2,5 m un petit nain me décoche un coup de poignard dans le sinus supérieur gauche. Aie, je m’arrête tétanisé, mais il faut pourtant bien que j’aille attacher cette corde : ils sont une demi-douzaine à attendre à la surface. Alors je souffle tant que je peux par le nez, et le petit nain appuie un peu moins fort avec son couteau. Je descend encore un peu, et là je sens un truc bizarre dans mon nez, avec un goût bien caractéristique. Bref j’arrive finalement à 10m, et j’ancre ma bouée. En remontant, le petit nain remet ça. J’attends un peu, mais il faut pourtant bien que je remonte. J’y vais donc tout doucement, je ne sais plus où est le haut ni le bas, mais j’arrive finalement à la surface pour embarquer ma petite plongeuse vers les joies subaquatiques.

Et là elle me regarde d’un air horrifié : « Du hast Blut in der Brille ! ». J’enlève mon masque et constate qu’elle a raison : une jolie flaque rouge vif macule mon masque et doit me donner un visage fort engageant… Je rince vite le tout, l’air de rien, et prend mon sourire le plus séduidant : diving is fun !

Heureusement que j’avais une gamine de 10 ans avec moi et pas un déménageur de 150 kg : j’ai pu la tenir fermement et éviter les yoyos subaquatiques. Bref cela ne s’est pas trop mal passé finalement, mais je suis tout de même allé voir le pharmacien le soir (il s’y connait mieux que les médecins en matière de plongée). Bilan : un sinus complètement congestionné, visiblement à cause d’une petite infection. 5 jours d’antibiotiques plus décongestionnant à haute dose. Et la cerise sur le gâteau : la patronne m’octroie un jour de congé demain !

Nouveaux copains

Depuis 3 ou 4 jours, j’ai la visite régulière chez moi de nouveaux petits camarades. Un couple apparemment, et Madame attend vraisemblablement un heureux événement. Cela ne lui a pas empêché de me faire un gros numéro de séduction, et comme je suis très sensible aux charmes des petites minettes, j’ai craqué, je les ai invité à manger à plusieurs reprises :

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Bon, là cela fait un jour que je ne les ai pas vus, mais c’est vrai que je suis rentré un peu plus tard que d’habitude. Et désormais figure sur ma liste de course hebdomadaire : « croquettes pour chats », parce que la boîte de thon à 44 THB, cela commençait à plomber mon budget nourriture. On ne refait pas…

L’irresistible ascension

Il n’y a pas à dire, il prend du galon, le père neuschgu :

Et ne sont pas mentionné ici : permis de pêche, permis de conduire (avec remorques attelées à un essieu), certificat de cuisine thaïe, permis gros cubes, permis de vélomoteur, carte de presse (bon, OK, faite à Khaosan Road). Ah, et j’oubliais : CSSI, master en informatique et Cisco CCENT. Il faut vraiment que je refasse mon CV…

Junk food

Pas envie de me faire à manger ce soir, et pas envie non plus de sortir au restau. Donc comme tout célibataire qui se respecte, je me tourne vers la nourriture à l’emporter disponible au village.

Seulement Dieu merci, il n’y a pas ici ni McDonalds ou autre take away servant de la bouffe industrielle. Par contre, la petite gargotte à côté du 7/11 propose également des plats à l’emporter, et cela tombe bien, c’est juste sur la route pour la maison. J’ai donc craqué pour un poulet « ail et poivre », avec un peu de riz et la petite sauce ravigotte qui va bien :

Cela coûte 70 THB, et même pas de vaisselle à faire : c’est livré en barquette isotherme et il y a même la petite cuillère en plastique jetable. Voilà un plateau télé (avec captvty bien sur !) qui s’annonce bien…

Private joke

Message personnel à ma tendre épouse : c’est bon, la maison est maintenant prête à t’accueillir :

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Et si on déménage, j’en rachèterai un encore plus beau !

NB: Ce message ne contient aucune allusion misogygne comme quoi c’est à la femme de faire les nettoyages, je précise !

Fondue

La fondue crée la bonne humeur, aussi à 30 degré en Thaïlande :

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Bon, j’ai triché : j’ai acheté des paquets de fondue Emmi toute prête chez Tesco. Mais trouver du vacherin ici, bonjour ! Enfin, elle n’était pas mauvaise, et le petit blanc australien passait bien à condition d’y ajouter quelques glaçons.

Par contre, là je repars pour une série de bouffe thaïe, car ma digestion est foutue pour une semaine. Bon sang qu’est ce que c’est lourd la fondue !

OWSI

Je ferai de subtils commentaires un peu plus tard, mais pour mettre fin au suspense, oui, j’ai reçu ce papier en mains propres ce matin :

Je suis maintenent officiellement PADI Open Water Scuba Instructor, va falloir que je remette mon CV à jour. Mais là maintenant, je vais aller m’en prendre une fédérale, et je mettrai plus de détails lorsque que mon cerveau sera à nouveau fonctionnel et mon foie en cale sèche…

PS: Merci à vous tous qui m’avez envoyé des commentaires, j’ai beaucoup apprécié votre soutien, et cela m’a mis du baume au coeur dans les moments difficiles. Cheers, mates !