What else ?

A l’instar de mon oncle Michel qui ramenait avec lui ses cartouches de Select et son lard sec en Espagne, je perpétue la tradition et ai pris dans mes bagages lors de mon dernier passage en Suisse une machine Nespresso :

20131218-103111.jpg
J’ai savouré mon premier café ce matin, car mon sac vient d’arriver seulement maintenant. Il s’était perdu en route entre Genève et Koh Samui, à cause du brouillard (Swiss airlines dixit !). Bref, j’ai pu installer la machine après avoir viré la prise de terre (il n’y en a quasi nulle part dans les installations électriques domestiques en Thaïlande) et trouvé une capsule non-cabossée au fond de mon sac. Délicieux, cela va me guérir du jetlag en moins de temps qu’il ne faut pour le dire…

Note aux usagers Nespresso loin de toute civilisation : il convient de décabosser les capsules abîmées avant usage, sinon le café ne se tire pas. Pour ce faire, l’outil idéal demeure le couteau suisse, modèle Cybertool de préférence, qui devrait à mon avis être vendu avec la machine, vu qu’il sert aussi à enlever la prise de terre. Geroge : si tu lances sur le marché le package « expat-Nespresso », n’oublie pas mes royalties pour l’idée…

Basse saison

Sur cette côte-ci de la Thaïlande, la haute saison d’hiver démarre normalement aux alentours de Noël. Bien que nous soyons à deux jours de la date normalement admise, la mer habituellement turquoise ressemble ces jours à ceci :

20131222-181804.jpg
La teinte azur du ciel tire également vers le gris plombé, les vagues culminent entre 1.5 et 2m et la température atteint péniblement les 23 degrés. Bref, tout cela pour expliquer les plongeurs ne se pressent pas au portillon pour le moment…

Ajouté à cela, je me suis démonté l’épaule en m’interposant avec ma moto entre une veuve et son orphelin qui allaient être happés par un 40 tonnes fou (enfin les circonstances étaient tout aussi héroïques en tout cas) et n’arrive même plus a faire le salut nazi (bon ça encore, c’est le bras gauche qui est amoché) ni même enfiler ma combinaison de plongée (plus gênant)…

J’imagine encore les médias occidentaux décrivant les hordes de rebelles assoiffés de sang écumant les rues du moindre village de Thaïlande, j’ai l’impression qu’il faut s’attendre à un peu moins d’affluence cette année.

Bref, elle démarre doucement cette saison d’hiver !

TV5

Pour moi ex-travailleur de la RTS et enfant de la télé, j’avoue que je ne la regarde pas beaucoup ici. Pourtant j’ai le satellite avec plus de 160 chaines, dont les principales américaines et anglaises. Mais hormis un bon blockbuster sur Fox de temps à autre, les programme ne me branchent pas vraiment. Et la plupart du temps ma vie sociale accapare mes soirée et je ne me retrouve que rarement avachi sur mon canapé devant le petit écran. Il y a cependant une exception pour une chaîne, une seule : TV5 monde, qui outre le fait qu’elle soit la seule et unique à diffuser dans langue de Molière, elle me procure un indicible plaisir, surtout lorsque je regarde la météo mondiale et que je vois le temps pourri qu’il faut en Europe ! En plus de cela, ils diffusent aussi régulièrement des films français de tous les genres, mais quasiment tous datant de la période ou j’étais justement un grand consommateur de tubes cathodiques (et oui, on ne parlait pas de LCD ou de plasma à l’époque). Ces films me replongent dans la période de mon enfance, et justement hier soir, cela n’a pas raté; j’ai eu droit à « La grande vadrouille » : 20131223-190915.jpg En vf, mais sous-titré en anglais, ce qui est d’autant plus marrant avec les aviateurs anglais qui parlent en vo. Je crois que je connais quasiment tous les dialogues par coeur, et c’est d’autant plus étrange et nostalgique d’entendre Bourvil parler de ses souliers et de son vélò dans ce monde anglophone et tropical. Et comme c’est Noël, voici en cadeau la « Damnation de Faust » pour se remettre dans l’ambiance, même si je n’ai pas trouvé la version dirigée par Stanislas Lefort :

Bonne année !

Tous mes voeux de bonne et heureuse année 2014 ! Que celle-ci vous apporte santé, bonheur, sexe et bonne humeur !

20140101-122254.jpg

Périphrases

J’en ai déjà parlé plusieurs fois ici, j’aime particulièrement ici l’ambiance multiculturelle et le mélange de langues parlées par les différentes personnes que l’on croise au fil de la journée. En ce qui me concerne, cela commence généralement par l’anglais au centre de plongée, puis selon les cas le français ou l’allemand avec les clients, et finit en général par le russe ou l’italien suivant le restau où je mange le soir (non, je n’ai pas dit que je parlais russe ou italien, je suis juste plongé dedans !).

Quand je suis avec ma tendre moitié, on veut parfois dire des choses entre nous qui ne soient pas comprises par les autres. Il faut alors être très prudent, car en particulier les noms propres, mais aussi d’autres mots sont universellement compréhensibles. Il faut alors ruser, et on a plusieurs petites stratégies possibles :

  • Parler en Roumain : Pas de problèmes pour me femme, mais mon vocabulaire dans la langue de Ionesco est un peu limité. Et puis beaucoup de mots ont des racines latines, donc compréhensibles par les francophones ou italophones.
  • Utiliser le parler Vaudois. Seul problème, cette fois-ci c’est Madame qui est un peu limitée côté vocabulaire. Et on est à la merci d’une oreille vaudoise tapie dans un coin du bar…
  • Donner des surnoms improbables au gens. Très pratique pour en dire du mal. Ainsi, le copain Irlandais de Doris a été baptisé « l’Espagnol », parce que « Doris espagnole » (= petit nudibranche observable en plongée). Impossible à deviner. Autre exemple : le patron du centre de plongée « Sail Rock » devient « le patron du Caillou Naviguant ». Impossible à deviner non plus.

Bref, je vous encourage chaudement à ce genre d’exercice, cela devient encore plus agréable de médire sur l’entourage surtout lorsqu’il est présent !

Rubrique littéraire

Au moins il a de saines lectures : 20140112-163221.jpg

Les ptits gars

Oui, encore une note sur les chats. Mais bon, je n’y peux rien, spécialement seul ici, quand j’arrive à la maison, mes minets sont là à m’attendre, ou alors à me courrir après le long du chemin tels des chiens fidèles. Et bien que je ne parle qu’en anglais toute la journée, je m’adresse à eux toujours en français et les appelle « mes ptits gars ».

J’ai dû fouiller au fond de ma mémoire pour me rappeller d’où vient ce surnom affectueux. Et bien j’ai finalement retrouvé. Cela vient du cinéma français bien sûr, du film de
et avec Pierre Richard Je ne sais rien mais je dirai tout de 1973.

Je me souviens en particulier de quelques scènes inénarrables comme celle des deux immigrés essayant de s’enregistrer à la préfecture (je crois), et où le préposé Bernard Haller « devient chèvre ».

Oui, je sais, on a la culture que l’on peut, mais les mécanismes de l’inconscient étant ce qu’ils sont, c’est ce qui est spontanément venu.

Depuis que je m’en suis rendu compte, je scrute avidemment les programmes de TV5 Asie en espérant une rediffusion prochaine…

Le coin du mélomane

Hier c’était la full moon party sur Koh Phangan, comme chaque mois. Et comme chaque mois depuis trois ans, je me suis demandé si j’allais y aller ou pas, et finalement il s’est mis à pleuvoir et cela m’a dissuadé. Et c’est dommage, car j’aurais sans doute rencontré toute une série d’individus à divers stades d’alcoolémie et d’intoxications à des drogues diverses, se soulageant dans la mer en écoutant les derniers tubes de la techo-house-truc-machin-bidule (p…ain, même pour les noms de genres musicaux je suis largué !), comme par exemple les Daft Punks. Et à ce propos, la version de Klaxon et Muller était bien meilleure:

Bon n’oublions pas leur proposition de nouvel hymne national (ça commence à 1:42) :

(Et à propos d’hymne national, j’ai failli mettre celle-ci en ligne qui est ma préférée toutes catégories, mais je me serais encore fait taxer de sale gauchiste :

)

Jour de lessive

En tant que célibataire maniaque, je procède régulièrement à la grande lessive de mon linge de maison et de mes habits. En général, j’ai recours aux services de blanchisserie qu’offrent un certain nombre d’offices dans le village, qui pour la modique somme de 40 THB par kilo (soit à peu près 1.60 SFrs) vous lavent, sèchent et repasse vos affaires sous 24 heures. Mais comme la saison n’est pas à l’opulence, je me suis dit que j’allai réaliser des économies substantielles en utilisant la laverie automatique du village. Attention, quand je parle de laverie automatique, vous pensez sans doute à ceci :

 Alors que même si je fais la même chose que le mec de la pub, la laverie automatique ici c’est une petite maison au bord de la route principale du village, avec 4 machines à laver devant, un monnayeur à pièces par machine et un tuyau d’écoulement qui part direct dans le caniveau… Et les machines à laver sont des modèles chinois, ces derniers étant inspiré des modèles américains. La différence essentielle c’est que le tambour est vertical et ouvert, contrairement aux machines civilisées qui ont un tambour horizontal et fermé. Donc pour faire la lessive, il faut effectuer les étapes suivantes :

  1. Jeter le linge dans la machine par le dessus;
  2. Verser en vrac un paquet de poudre à lessive (il n’y a pas compartiment spécial pour ça);
  3.  Verser l’adoucissant par dessous (étape facultative, uniquement pour les personnes suffisamment riches pour s’offrir de l’adoucissant, car de toute façon il sera rincé dès le 1er bain);
  4. Allez à la boulangerie en face faire de la monnaie, car il n’y a personne dans la maison pour vous en faire;
  5. Acheter un croissant (qui coute 2 fois le prix de la lessive ici) pour se faire pardonner du dérangement à la boulangère;
  6. Mettre les pièces dans le mauvais monnayeur (les numéros sont effacés sur les machines);
  7. Déplacer le linge dans la bonne machine en essayant de récupérer le maximum de lessive;
  8. Appuyer sur le bouton « start » en espérant que le linge est compatible avec le programme « fuzzy »;
  9. Attendre environ 40 minutes;
  10. Constater que lorsque le programme se termine, le monnayeur se met à zéro, bien qu’il restait encore 20 minutes à l’affichage;
  11. Ouvrir la machine et constater que tout marine dans 30 litres de flotte mousseuse;
  12. Constater que l’on n’a plus de monnaie pour le programme « spin »;
  13. Constater que la boulangerie est fermée;
  14. Sortir le linge et l’essorer à la main dans le caniveau;
  15. Tendre des ficelles dans toute la maison puis étendre le linge;
  16. Attendre 2 jours;
  17. Passer la panosse dans toute la maison pour enlever les taches d’eau par terre;
  18. Et finalement apporter le linge au « laundry service ».

J’en suis aujourd’hui au point No 17. Le point 18 est prévu ce soir après le boulot. Et pour vous prouver que je n’exagère pas, voici l’état de mon linge actuellement en train de sécher :

IMG_0521

Le beau temps menace

C’est du moins ce que je dirais si j’étais à la Vallée. Parce que pour le moment, on a la même bise et presque les mêmes températures (à 20 degrés près). Mais bon, peut-être une lueur d’espoir pour demain :

20140123-180743.jpg
Et le problème, c’est que l’unique pull que j’ai pris avec moi commence à sentir le chacal, et que je ne peux pas le laver, car je ne vois pas comment m’en séparer pendant deux jours… Je ne vais quand même pas aller m’acheter une doudoune sous les tropiques, même si je suis sûr qu’il y en a désormais au marché de Thong Sala, étant donné l’esprit commerciaux des Thaïs !